La réintroduction du Gypaète barbu

La réintroduction du Gypaète barbu

Un projet à long terme sur la voie de la réussite

Le gypaète barbu est l’un des plus grands rapaces d’Europe et l’un des plus rares. Jusqu’au début du XIXe siècle, le gypaète était quasiment présent dans toutes les zones montagneuses de l’Europe du sud, d’où il a ensuite disparu à cause de la pression anthropique.

Carte des gypaètes barbus abattus en Provence entre 1825 et 1935.Mentions anciennes des gypaètes barbus abattus en Provence entre 1825 et 1935. Les triangles rouges et les carrés jaunes marquent respectivement la position d’adultes probablement tués sur des sites de nidification, et de juvéniles erratiques abattus à l’extérieur de l’aire de répartition habituelle. © Google

Il fait l’objet d’un programme international de réintroduction dans les Alpes, initié en 1978. Les deux parcs Alpi Marittime et Mercantour constituent les sites de lâchers les plus au sud de l’Arc alpin. Les réintroductions ont eu lieu alternativement dans chacun des deux parcs ; depuis 1993 jusqu'à 2015, ce sont 45 oiseaux qui ont été lâchés. En 2015, l’opération a eu lieu dans le Parco naturale delle Alpi Marittime, le dernier lâcher s'il se confirmait serait pour 2017.

En effet, la priorité des réintroductions est désormais orientée vers des nouveaux sites de lâcher, pour rétablir des connexions entre la population alpine et celle pyrénéenne (Vercors en 2010, Grands-Causses en 2012) ou renforcer la diversité génétique dans les Alpes centrales, ou encore tenter de restaurer l'effectif de couples de la population très menacée de Corse.

Dans les Alpes du Sud, un premier couple s'est reproduit en nature à partir de 2008, puis assez régulièrement jusqu'en 2015 ; cette même année, un nouveau couple s'est installé sur le territoire du Parc national et a élevé un jeune. Ce sont donc 7 jeunes gypaètes qui sont nés en nature.

 

Biologie et écologie

Le gypaète barbu (Gypaetus barbatus) est l’un des plus grands rapaces des Alpes, mais aussi un des plus rares d’Europe, avec une envergure allant de 2,65 à 2,85 m et un poids compris entre 4,5 et 7,1 kg à l’âge adulte, qu’il atteint vers 7 ans.

Gypaète barbu en vol (Photo de F.Breton/PNM)Gypaète barbu en vol (Photo de F.Breton/PNM)

Le plumage adulte est contrasté, les parties supérieures foncées, alors que le ventre est crème, voire orangé. Il est plus uniforme lorsque le gypaète est jeune, avec une prédominance de marron foncé. La tête, d’abord sombre chez le juvénile, va s’éclaircir progressivement à partir de l’âge de 3 ans pour devenir blanche chez l’adulte. La mue nécessitant beaucoup d’énergie, il faut attendre au moins 4 ans pour que l’ensemble du plumage soit renouvelé ; la mue de certaines plumes des ailes, de la queue et d’autres parties du corps se fait chaque année. C’est d’ailleurs en s’appuyant sur les différentes phases de la mue que l’on peut reconnaître les individus et déterminer leur âge, jusqu’à ce qu’ils aient leur plumage adulte.

Dans l’écosystème montagnard, le gypaète se situe au sommet de la chaîne alimentaire. Exclusivement nécrophage, il se nourrit des cadavres d’ongulés sauvages et domestiques qu’il trouve en altitude. Il s’est même spécialisé dans la consommation d’os qu’il casse en les laissant tomber sur des pierriers. Il les avale ensuite et les digère totalement grâce à ses puissants sucs gastriques.

© Laurent MalthieuxLorsque les os dont ils souhaitent se nourrir sont trop grands, les gypaètes peuvent les emporter jusqu’à 100 m de haut, puis les laisser tomber sur des pierriers afin de les briser. Cette pratique leur a valu le surnom de « casseurs d’os ». Un bilan des réintroductions dans les Alpes du Sud réalisé en 2011 rapporte plusieurs observations prouvant que ce comportement est inné. © Laurent Malthieux

Ainsi, le gypaète joue un véritable rôle d’équarisseur naturel au service de la nature et des éleveurs.

L’abondance de ressources alimentaires est une condition essentielle à la reproduction et à la recolonisation des Alpes par l’espèce. Sa capacité de reproduction n’est pas élevée avec une productivité de 0,50 jeune à l’envol par couple et par an chez les populations en expansion, tandis qu’elle demeure plutôt à 0,35 jeune par couple par an chez les populations les plus stables. Cela signifie que les couples n’arrivent pas à se reproduire avec succès tous les ans.

Comme chez l’aigle, deux œufs sont généralement pondus, mais un seul des deux jeunes venant de naître se développe. La ponte a lieu en plein hiver, entre décembre et fin février, et la saison de reproduction s’étale sur une grande partie de l’année. La couvaison dure 55 jours et l’élevage du jeune au nid 120 jours. La naissance des poussins a lieu au printemps quand la nourriture est plus abondante et facilement repérable, à cause de la forte mortalité hivernale touchant les animaux alpins et de la fonte des neiges laissant sur le sol les carcasses d’ongulés.
Son habitude de se nourrir de carcasses apportées par les avalanches peut lui coûter cher : dans le Parco naturale delle Alpi Marittime, un gypaète subadulte a été trouvé mort dans le dépôt d’une avalanche.

 

L’histoire

Dans l’Europe occidentale du XIXe siècle, la forte pression humaine ayant transformé le paysage des Alpes et d’autres chaînes de montagne, a aussi provoqué l’extinction de presque tous les grands
carnivores, rapaces y compris. Alors que l’aigle royal est parvenu à résister, le gypaète a ainsi été moins chanceux : l’utilisation de poison, les coups de fusil, la déprédation des nids notamment par les collectionneurs et sa faible capacité de reproduction ont fini par faire totalement disparaître la population alpine.

Les dernières reproductions dans les Alpes sont recensées dans les vallées occidentales entre le Grand Paradis et les Alpi Marittime et remontent à 1914, tandis que les derniers individus survivants sont observés jusqu’aux années 1930.

Dès lors, et ce jusqu’aux lâchers des années 1990, seules quelques observations de jeunes ou d’immatures ont été faites ; on peut émettre l’hypothèse que ces oiseaux erratiques provenaient de la population des Balkans ou de la Corse.

Aujourd’hui, compte tenu de sa haute valeur patrimoniale, le gypaète barbu est protégé par plusieurs conventions internationales :

  • Directive 79/409/CEE (Directive européenne dite
  • « Directive Oiseaux » - Annexe I),
  • Convention de Berne - Annexe II,
  • Convention de Bonn - Annexe II,
  • Convention de Washington - Annexe II,
  • Règlement CEE/CITES - Annexe C1.

Il est également totalement protégé en France par l’arrêté ministériel Oiseaux du 5 mars 1999, ainsi qu’au titre du Code de l’environnement (article L 411-1 et 411-2), et par l’arrêté ministériel du 12/12/2005 interdisant le dérangement intentionnel du gypaète barbu. Il est classé parmi les espèces « En danger », dans les Listes rouges française et européenne. En Italie, il est protégé par la Loi 157/92.

 

L'historique et le projet de réintroduction

Après l’échec d’une première tentative de réintroduction, effectuée en Haute-Savoie en 1974, avec des individus adultes et immatures provenant d’Afghanistan, il a fallu attendre la réussite de reproductions en captivité pour pouvoir envisager des lâchers.

Le projet de réintroduction actuel, qui voit ainsi le jour en 1978, a permis le lâcher de 253 individus dans les Alpes mais aussi dans le Vercors et Grands-Causses. Ceux-ci ont pris leur envol dans quatre zones des Alpes, en Autriche (premier lâcher en 1986), en Haute-Savoie (1987), en Suisse (1991) et enfin dans les Alpes méridionales : le Parc national du Mercantour (1993) et le Parco naturale delle Alpi Marittime (1994). Puis sur le massif du Vercors (à partir de 2010) ou plus récemment dans les Cévennes-Grands Causses (2012).

Après les premiers échecs du lâcher d’animaux adultes, ayant de par leur nature une moindre capacité d’adaptation à de nouvelles conditions environnementales, la méthode dite du hacking est utilisée dans le projet de réintroduction actuel : deux jeunes gypaètes, ayant entre 90 et 100 jours environ, sont placés, avant qu’ils ne soient capables de voler, dans la grotte du lâcher et sont nourris jusqu’au moment où ils sont prêts à prendre leur envol et leur émancipation totale.

Tenao et Costa, deux gypaètes lâchés en 2013 (Photo de M.Ancely/PNM)Tenao et Costa, deux gypaètes lâchés en 2013 (Photo de M.Ancely/PNM)

On a ainsi parié sur l’instinct de retour à son lieu de naissance (philopatrie), qui pousse les oiseaux à revenir à l’âge adulte dans leur région de lâcher.

Pendant plusieurs semaines suivant l’opération de lâcher, un protocole de suivi commun portant sur plusieurs paramètres – prises de nourriture, battements d’ailes, temps de vol – permet d’évaluer le processus d’adaptation des oiseaux à leur nouvel environnement.

Après leur départ du site de lâcher, les jeunes oiseaux sont suivis grâce à leur marquage (décoloration du plumage) et par télémétrie (balise GPS).

Décoloration des plumesAvant sa libération en 2012 sur le territoire du PNAM, Junior Ranger s’est vu décolorer les rémiges 16-17 sur l’aile gauche (ici à droite puisqu’il s’agit d’une vue ventrale), 2-3 sur l’aile droite, ainsi que ses rectrices gauches 3-4 sur la queue. Grâce à ce code unique, il est facile de le reconnaître en vol… tant qu’il n’a pas mué. © gyp-monitoring.com

Durant les premières semaines, ils sont observés sur le massif de l'Argentera-Mercantour, puis ils élargissent leurs déplacements aux autres massifs des Alpes. Cette phase, dite de dispersion, dure environ 2 à 3 ans, suite à laquelle les gypaètes immatures s’installent dans une zone plus ou moins restreinte, en attendant de trouver un partenaire.

Parallèlement, des oiseaux en provenance d’autres sites sont régulièrement observés sur les deux parcs transfrontaliers. Nous pouvons être suffisamment sûrs des observations car tous les gypaètes lâchés ont été marqués visuellement avec une décoloration des plumes et de bagues colorées, qui permettent de suivre leurs déplacements et d’identifier les dépouilles.

Le suivi de la population et en particulier des couples reproducteurs est en effet un élément capital du programme. La protection des sites de reproduction vis-à-vis des dérangements anthropiques, la neutralisation des câbles aériens dangereux, sont quelques-uns des objectifs prioritaires listés su Plan national d’actions en faveur du Gypaète barbu (2010-2020). Celui-ci est mis en œuvre depuis 2014 grâce au projet Life Gyphelp.

Logo Fondation Albert II de Monaco

Site internet : www.fpa2.com

Le programme de lâcher a bénéficié d’un soutien financier de la Fondation Prince Albert II de Monaco entre 2009-2015, le but étant d’accélérer la recolonisation des Alpes méridionales.

Frise chronologique des lâchers de gypaète

 

L’évolution de la population dans la région Marittime - Mercantour

Sur le site franco-italien, 45 individus ont été lâchés depuis 1993 (2015). Le fait qu’ils soient marqués permet de les suivre pendant leurs deux premières années, grâce à un réseau de professionnels et d’observateurs volontaires collectant des données et les partageant à l’échelle locale et internationale. De cette façon, il est possible de suivre leurs déplacements et certains se sont dispersés durant les premières années des lâchers dans d’autres régions des Alpes et ont pu participer à la reproduction une fois devenus adultes.

Par exemple, Aisone, lâché en 1998 en vallée Gesso, est le mâle du premier couple reproducteur en Engadine (Suisse). D’autres individus ont erré dans les Alpes françaises du nord, mais une partie s’est installée dans la région interne ou limitrophe aux deux parcs, les premiers couples se formant à partir de 1999. C’est ainsi qu’en 2000, les premiers oiseaux devenus adultes ont tenté en vain de se reproduire dans la vallée de la Stura.

Il a été possible d’observer au fil des ans la façon dont la population des Alpes sud-occidentales a continué à graviter autour de la frontière et a formé des couples plus ou moins stables, colonisant surtout les vallées constituées de roches sédimentaires, où des hardes de bouquetins viennent hiverner.

En 2007, un couple de gypaètes s’est installé dans la haute vallée de l’Ubaye et a réussi pour la première fois l’année suivante à se reproduire. Le jeune Parouart s’est envolé de son nid le 16 août 2008 : il s’agissait du premier cas de reproduction réussie en pleine nature dans les Alpes méridionales depuis plus d’un siècle et celui-ci a marqué la réussite du programme de réintroduction.

Parouart (Photo de P.Arsan/PNM)Des élèves de Saint-Paul-sur-Ubaye ont choisi le nom du premier gypaète barbu né dans les Alpes du Sud depuis un siècle : Parouart. Le rapace a pris son premier envol le 16 août 2008. En 2011, il s’est établi dans la Tinée, tandis que ses parents élevaient Ubaye, un deuxième gypaèton. Cassos est né l’année suivante, en 2012.

En 2009 et 2010, le couple a abandonné la couvaison, soit en raison du dérangement occasionné par des opérations aériennes, soit pour d’autres raisons indéterminées.

Un nouveau succès a eu lieu en 2011 avec l’envol du jeune Ubaye, puis en 2012, 2013, 2014, et 2015.. Le couple de la haute Ubaye se compose actuellement de Sereno (mâle lâché en 2000) et probablement de Mercantour (femelle lâchée en 1994). Suite à la disparition d'un des oiseaux du couple durant l'hiver 2015, la reproduction 2016 a échouée.

Depuis 2011, un jeune couple s’est installé dans la Haute vallée de la Tinée sans toutefois réussir sa reproduction les années suivantes. Les deux oiseaux du couple sont Rocca (mâle, lâché en 2007 : PNM) et Girasole (femelle, lâchée en 2008 : PNAM). Il aura fallu attendre 2015, pour que ce couple réussisse et donne un jeune à l'envol, le jeune Aunos.

Un troisième couple s'est installé récemment entre les deux précédents dans la zone du Chambeyron et de l'Ubayette, mais sa première tentative de reproduction en 2016 a échouée.

À l’image de ce qui s’est passé dans d’autres régions alpines, on peut espérer que ces premiers couples sont bel et bien en train de constituer un noyau de population plus important, stable et autonome.

 

Le recueil des observations

Le gypaète est considéré comme une espèce phare, ou « espèce  parapluie » : en protégeant le gypaète, on protège son espace vital et également, les autres espèces vivant dans les mêmes écosystèmes alpins.

De plus, étant une espèce emblématique et relativement identifiable, il est possible à travers elle d’impliquer de nombreuses personnes dans la collecte de données et de les sensibiliser à la protection de la nature.

Depuis le lancement du projet, une campagne d’information et de sensibilisation impliquant des dizaines de milliers de personnes dans toutes les Alpes a été menée. Les deux parcs Mercantour et Alpi Marittime manifestent aussi leur professionnalisme pour garder une attention accrue sur ce rapace, notamment par la publication annuelle du bulletin Info Gipeto qui recueille toutes les informations relatives au projet de réintroduction.

La campagne d’information et de sensibilisation mise en place pour réhabiliter l’image de ce magnifique rapace doit se poursuivre en parallèle aux opérations de suivi pour qu’une population de gypaètes s’installe durablement sur le massif transfrontalier. Se joue ici une stratégie à l’échelle européenne puisque la recolonisation des Alpes du Sud est déterminante pour permettre des échanges génétiques naturels avec les populations de gypaètes corses et pyrénéennes.
Il est d'ailleurs mis en place une collecte des plumes à proximité des nids, afin de procéder à des analyses génétiques pour connaître la filiation des oiseaux nés en nature, et en parallèle de mesurer les taux de plomb résiduel consommé à travers la chaîne alimentaire.

 

Les chiffres du gypaète

Le programme de réintroduction international a permis, de 1986 à fin 2015, la réintroduction de 253 gypaètes barbus dans les Alpes et massifs corridors, parmi lesquels, malheureusement, une dizaine ont été retrouvés morts et une vingtaine n’ont plus été revus.

Par contre, la population des Alpes avec 40 couples territoriaux début 2016, 14 en Suisse, 9 en Italie, 14 en France et 3 en Autriche semble désormais en voie d'expansion, mais l'équilibre reste fragile. Ainsi la disparition d'un adulte d'un couple reproducteur, sans doute le cas pour le couple historique de la Haute-Ubaye peut gravement compromettre le succès de reproduction et la démographie.

Sur le massif de l’Argentera - Mercantour, grâce au réseau d’observation mis en place par les deux parcs, des données sont récoltées régulièrement pour le suivi des couples installés, mais aussi des observations occasionnelles organisées par classes d’âge.

Ainsi, durant l’année 2015 sur le Mercantour, 159 contacts ont été établis, toutes classes d’âge confondues, dont 7 oiseaux identifiés.

En 2015-2016, le nombre d’observations de gypaètes adultes augmente de manière remarquable dans la partie nord-ouest du parc avec des oiseaux territoriaux laissant espérer l'installation de nouveaux couples. Sur le versant Italien, les régions les plus intéressantes demeurent celles de la vallée Gesso, du val Maïra et de la vallée de la Stura.

 

La guilde des vautours

Au cours des dernières années, deux autres grand rapaces font régulièrement leur apparition sur les montagnes du Mercantour, durant l'été.

Le vautour fauve (Gyps fulvus), lui aussi disparu d’une bonne partie des Alpes au cours du XIXe siècle, revient en grand nombre, grâce à plusieurs projets de réintroduction français, autrichiens et italiens.

Le vautour fauve (Photo de L.Martin-Dhermont/PNM)Le vautour fauve (Photo de L.Martin-Dhermont/PNM)

Le vautour moine (Aegypius monachus) est aussi désormais un visiteur régulier, mais moins grégaire, avec quelques individus observés pendant cette période estivale.

La zone Marittime - Mercantour fait fonction de zone d’estive pour les colonies de vautours des Préalpes françaises (Verdon, Diois-Baronnies et Vercors). Plusieurs dortoirs rassemblant un grand nombre d'individus sont fréquentés et annuellement utilisés.

La région est aussi un carrefour entre les différentes populations européennes : des vautours provenant des Pyrénées, des Abruzzes, d’Autriche et de Croatie ont été observés sur les deux versants alpins. La présence de ces vautours enrichit considérablement le patrimoine naturel des deux parcs, puisque eux aussi, comme le gypaète, jouent un rôle d’« équarrisseur » très important du point de vue sanitaire et figurent au plus haut niveau de la chaîne alimentaire des écosystèmes de moyenne montagne jusqu'au plus hauts sommets de la chaîne.

 

Pour aller plus loin :